Il en a fallu des mois pour vérifier si le précédent article de ce blog allait se confirmer ou non. Et bien la réponse est : non. Jonathan a re-re-re-re-re-fait volte-face et m’a quittée en bonne et due forme.

Juste après ma sortie de clinique, il est revenu vers moi, sincèrement décidé à s’investir avec le temps dans notre relation, et à l’assumer. Chatte échaudée craint l’eau froide, donc j’y suis allée mollo, préférant voir ce que notre relation allait donner au fil des semaines et des mois.
Il n’a pas fallu longtemps pour que je m’aperçoive qu’il était toujours envahi par le doute et la trouille d’aimer. Dès la semaine suivant mon retour de clinique, il recevait ses parents pendant quelques jours. Et pendant ces quelques jours, j’ai eu droit à un seul laconique « Je me couche, suis crevé. Bisous » par SMS. Il a fallu que je trouve les ressources nécessaires pour ne pas re-sombrer, ne pas me sentir seule et abandonnée. Il a fallu que j’avale le fait qu’il passait du on temps avec sa famille – des gens que j’aime – pendant que je restais seule après notre fusion post-clinique.
Une fois ses parents partis, il est revenu vers moi, comme à l’accoutumé. Ne voulant pas re-tomber dans mes travers de dépendante affective, je l’ai jouée compréhensive et zen, mais avec un arrière-goût amer.

Les semaines se sont écoulées. On se voyait une ou deux fois par semaine, on était bien ensemble, mais on faisait toujours en sorte de ne croiser personne de nos connaissances. On ne parlait pas de l’un et de l’autre à nos proches, on jouait de nouveau le couple clandestin, situation qui avait duré plus d’un an.

Après 3 mois, j’ai considéré que c’était assez, que je ne voulais pas recommencer comme avant, et surtout, j’en avais marre de mentir aux gens qui m’aiment et surtout aux personnes les plus proches qui ont été les seules à savoir pour ma dépression et à me soutenir jusqu’au bout. A elles aussi je disais que je n’avais pas de nouvelles de Jonathan alors que je venais de passer le week-end avec lui.
Sentant que les choses bouillaient en moi, Jonathan a commencé à se défiler de plus en plus. Dès que la conversation tournait autour de l’officialisation de notre relation, ça partait en cacahuète.

Il y a quelques semaines, j’ai commencé à ressentir de la colère contre lui, et cette colère s’est transformée petit à petit en dégoût. Ce type ne me méritait pas, ce type m’a vraiment bousillée, cassée. Il ne m’a pas respectée, il m’a humiliée. Evidemment, ça n’était pas volontaire, et je sais qu’il a toujours été sincère, aussi bien dans ses sentiments que dans ses doutes. Mais je n’ai pas voulu perdre mon objectif premier : me centrer sur moi, me reconstruire, vivre pour moi.

Je suis certaine d’une chose : si je n’avais pas suivi une thérapie, je n’aurais pas été capable de faire ce cheminement. Depuis plusieurs mois, j’ai trouvé une thérapeute que je vois toutes les semaines et ça se passe très bien. J’ai eu la chance de tomber directement sur quelqu’un qui m’apporte beaucoup, qui me rassure et qui m’aide à me comprendre et à décortiquer mes fonctionnements. Sans jugement, sans domination, sans morale, elle m’a aidée à ouvrir des portes et à retrouver un chemin digne de moi.

Je n’ai pas coupé les ponts avec lui, je l’ai même revu et j’ai même laissé mon fils passer un après-midi avec lui, et je me sens assez forte. Je n’ai plus envie de le voir seul à seul, je n’ai plus envie de le séduire, je n’ai plus envie de l’aimer, et je crois que mon cœur ne l’aime plus.

Rien ne changera dans notre histoire, aussi bien les choses extraordinaires que les douleurs profondes, et je ne peux m’empêcher d’être émue et même de pleurer en pensant à ce gâchis. Mais c’est bel et bien terminé.