Ca y est, je suis prise en charge par un psychiatre. Il a fallu que je passe une bonne dizaine de coups de fils pour trouver un professionnel par trop loin de chez moi, et qui accepte de nouveaux patients.

Jonathan m'a détruite. Ca n'était pas volontaire, mais les résultats sont là. Il n'a pas pris ses responsabilités, il a voulu tout avoir en même temps, et moi j'étais trop faible, trop amoureuse pour lui dire non.

J'ai accepté, encore espéré malgré les bonnes résolutions, j'ai encore patienté, j'ai encore donné et lui ne voulait pas que j'arrête. Il m'aimait mais n'était pas amoureux, il me voulait toute entière sans aucun engagement, il ne voulait pas officialiser notre relation mais avait constamment besoin de me prendre dans ses bras et de me voir.

Plus les semaines passaient et plus je me sentais faible et malheureuse. J'ai toujours été incapable de lui résister. Mon amant, mon meilleure ami, mon confident, mon amoureux … je n'ai jamais donné autant. Je me suis vidée de tout, je me suis auto-humiliée, je me suis auto-bafouée, jusqu'à ce qu'à avoir envie de m'auto-détruire.

Quand je me suis aperçue que j'avais envie qu'un camion me percute, quand j'ai réalisé les heures durant lesquelles je pleurais en pensant à lui, quand j'ai vu l'état d'angoisse et d'anxiété dans lequel j'étais juste après l'avoir vu, quand je me retrouvais seule sans savoir si j'allais le revoir, là, j'ai compris qu'il fallait que je fasse quelque chose.

C'est devenu une question de vie ou de mort, au sens propre.

Cette rupture amoureuse m'a fait terriblement souffrir, et me fait encore souffrir, mais elle a aussi réveillé des douleurs et les traumatismes de ma vie. Aujourd'hui, je me sens à vif, comme si j'étais nue, les tripes et les chairs à l'air, la peau épluchée. Je n'ai plus de bases, je n'ai plus rien qui me stabilise.

Je me sens nulle, inutile, sans intérêt. Je vis pour mon fils et j'ai envie de retrouver l'envie de vivre pour moi.

Il va ma falloir du temps, beaucoup, beaucoup, beaucoup, pour réussir à oublier Jonathan, pour ne plus l'aimer, ne plus ressentir ni amour, ni colère, ni tendresse. Il va me falloir du temps aussi pour ne plus ressentir l'espoir qu'il va m'appeler pour me dire qu'il s'est trompé et qu'il me veut dans sa vie. Et encore du temps en plus pour ne plus avoir envie du tout de le voir, et ne plus espérer une rencontre fortuite.

Et toujours du temps pour me pardonner, trouver un sens à mon existence et déculpabiliser d'être sur Terre.