Je ne sais pas draguer, et pire encore : je ne sais pas me faire draguer.

La période de rupture amoureuse permet de prendre du recul sur nos dysfonctionnements, sur la manière dont on gère nos relations avec le sexe aimé (et non "opposé" puisqu'heureusement, l'homosexualité est de plus en plus acceptée), de mieux cerner nos réactions vis-à-vis des comportements extérieurs.
D'ailleurs, la cynique qui est en moi a envie de dire "Merci la rupture amoureuse. Grâce à toi, je prends du recul. Trop d'la boulette".

Ainsi, que ce soit dans le cadre de relations amicales ou professionnelles, je me sens très à l'aise avec les hommes.
Je gère très bien mes relations amicales avec eux. Ce sont des potes, des amis, on s'amuse, on papote, on est plus ou moins proches, et même s'il y a toujours un peu de séduction au sens large (comme dans toute relation humaine), mes amis me vont et c'est très bien ainsi.

Dans le milieu professionnel, j'ai une nette préférence pour les environnements masculins. Pourquoi ? Toujours pour cette même question de séduction. Je suis une femme libre, qui dégage une certaine assurance, qui prend soin d'elle un minimum, sympa et qui aime plaisanter. En fait, je joue sur un pied d'égalité avec les hommes au travail, car j'arrive à rire de leurs blagues douteuses, à détendre l'atmosphère, à parler aussi bien chaleureusement que professionnellement. D'ailleurs, c'est aussi valable dans les environnements féminins, mais bien entendu, les femmes sont moins charmées que les hommes. Il faut savoir rester réaliste.
Que ce soit clair : je ne le fais pas exprès. Je ne me dis pas "Hum, aujourd'hui, je vais mettre une jupe pour mettre mon boss dans ma poche". Je fais partie de la société, d'une entreprise, d'une hiérarchie et d'un micro-environnement, et comme pour tout chaque être humain, il faut savoir s'adapter et jongler avec les différentes personnalités qui nous entourent.
Une équipe d'hommes ne réagit pas de la même façon qu'une équipe de femmes, et en tant que femme, je n'agis pas de la même façon dans un cas comme dans l'autre.

Je me considère issue d'un féminisme moderne, où l'idée est que les hommes et les femmes sont différents ET égaux. Nous ne sommes pas fait pareils, ni physiquement ni dans la tête, et nous n'évoluons pas de la même façon, avec les mêmes outils. Dans le monde professionnel, c'est pareil. Je n'utilise pas mes charmes pour me faire bien voir des hommes, mais je les utilise pour me faire bien voir des hommes ET des femmes, sauf que ça n'agit pas de la même manière et que je n'appuie pas sur les mêmes leviers.

Bon … je vais revenir au sujet initial de cet article. Tout ça pour dire qu'en dehors de relations amoureuses, je suis très à l'aise avec les hommes.
C'est ensuite que ça se gâte.

Melvil, je l'ai connu au travail, quand j'avais 19 ans. J'étais jeune et Internet n'avait pas encore révolutionné les rencontres sexuello-amoureuses. J'étais en pleine période de célibat, qui durait depuis 9 mois (le temps d'une gestation vous me direz). Je n'avais eu ni flirt, ni aventure, mais tout de même des coups de cœur platoniques pour des hommes croisés ici et là. Je n'étais pas du tout la femme capable d'enchaîner les amants comme je peux le faire à présent, et j'avais surtout envie d'une histoire sérieuse et stable.
Du coup, les hommes qui me plaisaient lisaient en moi le message "Femme sérieuse et stable cherche homme sérieux et stable", donc je les faisais fuir, CQFD. Et pour ceux qui m'approchaient en me proposant clairement une aventure, je déclinais discrètement, très intimidée par de telles propositions. Non que je n'en avais pas envie, mais je ne m'en sentais pas capable.

Jonathan, comme je vous l'ai déjà dit, je l'ai rencontré sur un tchat de cul. Je sortais de cette relation longue et stable qu'était mon mariage, et j'avais surtout envie de papillonner et de m'amuser, ce que je n'avais pu faire jusque là. Jonathan était donc initialement un plan cul, comme les autres, et je n'avais donc aucune honte à afficher clairement mes envies sexuelles et à n'envisager que cela avec lui (mais le cœur a ses raisons que la raison ignore …).
C'est d'ailleurs ce que je fais toujours aujourd'hui : je suis inscrite sur des sites de rencontres libertines, j'affiche le menu, on le prend ou ne le prend pas (la plupart du temps, ces messieurs ont faim, alors ils prennent), les règles sont dites et acceptées dès le départ : du one-shot, pas de relation sérieuse, pas d'exclusivité, aucune promesse et on s'amuse comme on en a envie.

Ça, c'est la face cachée de Charlie, celle que très peu de gens connaissent.

Et puis il y a la face officielle, celle de la copine, de la collègue, de la mère de famille et quand un homme issu de ces apparences officielles de ma vie se rapproche de moi pour me signifier son intérêt, je panique totalement. Je suis d'un naturel accessible et entraînant, sympa et rigolote, pas du tout timide sans être expansive, donc les hommes me trouvent cool et pas chiante (les pauvres, s'ils savaient …), et commencent à fantasmer sur moi pour d'autres aspects que ma cambrure ou mes nibards. Ça, ça me fout la chtouille et je n'arrive pas à saisir pourquoi.

Est-ce parce que le net me permet d'avoir les amants (donc des hommes) que je veux dans les conditions que je veux ? Est-ce parce que j'ai la sensation de tout maîtriser dans ce cas ? Est-ce parce que le sexe me permet de garder les apparences sans me donner véritablement ? Est-ce parce que les hommes me font peur ? Est-ce parce que j'ai peur d'aimer ? Est-ce parce que j'ai la trouille de me faire jeter et d'être abandonnée ?

Il est évident qu'en ce moment, je n'ai aucunement l'envie d'avoir une relation amoureuse car mon cœur est ravagé. Mais il viendra bien un jour où celui-ci sera guéri, où les aventures s'espaceront, où j'aurai besoin d'autre chose, où je pourrai regarder l'avenir sans crainte parce que je serai plus sereine. Mais ce jour-là, serai-je capable d'ouvrir mon cœur à un homme ?