Que les choses soient dites, je suis libertine (un peu comme Mylène Farmer au début des années 80).

Certes, être libertine quand on est célibataire et fraîchement jetée par un homme, ça n'a pas le même relief - et le même goût - que lorsqu'on partage cela avec celui/celle qu'on aime.

Si vous avez lu jusque là, c'est que quelque part, le libertinage vous intéresse, que vous le pratiquiez ou non.
Chacun a son interprétation du libertinage. Selon le Larousse, être libertin, c'est celui/celle "qui mène une vie dissolue, qui est de mœurs très libres". Là encore, à chacun d'interpréter la liberté des mœurs à sa façon.

Me concernant, en tant que célibataire, cela signifie que je fais tout simplement ce que je veux de mon cul (et du reste), avec qui je veux, quand je veux et de la manière dont j'ai envie.
En couple, je vois les choses différemment. Avec Melvil, mon ex-mari et accessoirement le père de mon fils, il était absolument hors de question que nous partagions des aventures sexuelles (c'était sa volonté, pas la mienne). Nous devions faire l'amour l'un avec l'autre, se masturber chacun de son côté, de temps en temps regarder un porno ensemble, mais jamais se mélanger à un tiers. Ce fut d'ailleurs l'une des causes de notre séparation, mais ça, c'est une autre (longue) histoire.

Avec Jonathan, c'était tout autre. D'abord, nous nous sommes connus sur un tchat dédié à notre fantasme commun : la pluralité masculine (que les plus ignorants se sentent libres de taper dans Google pour savoir de quoi il s'agit mais normalement, avec une dénomination pareille, vous devriez avoir deviné). Ensuite, de par ma relation précédente (avec Melvil si vous suivez bien), il était hors de question que je me retrouve de nouveau en couple-exclusif. Je découvrais la liberté à ce moment-là de ma vie et Jonathan n'était censé être qu'un plan cul. Quant à Jonathan justement, il n'avait que très très très très (oui, 4 fois) peu d'expériences de couple et donc - je suppose - très peu d'occasion de faire cocue une fille (mais moi, j'y ai eu droit quelques temps plus tard ... sans doute le privilège d'avoir été la relation la plus sérieuse qu'il ait eue).

Bref, revenons à nos moutons. Je suis libertine, et même si je suis célibataire et que finalement, ça ne change pas grand chose vis-à-vis de l'amoureux que je n'ai pas, je profite de ce statut pour m'évader et m'étourdir dans les bras de beaux jeunes hommes. Depuis plusieurs mois, je me suis inscrite sur un site de rencontres libertines et je rencontre ici et là des amants de passage, seuls ou accompagnés.

Au printemps dernier, j'ai ainsi pu vivre l'un de mes fantasmes de longue date, à savoir me faire tringler par plusieurs pompiers dans leur caserne. OK ... je l'admets, ça n'est pas des plus originaux, mais je n'y peux rien si mes fantasmes sont cruellement plats.
Ce fut une très sympathique expérience avec trois pompiers dont l'un d'eux m'avait particulièrement fait craquer. Grand, brun, quasi-imberbe, musclé sans que ça fasse body-builder, tatoué (encore un mythe de gonzesse), super mignon, 22 ans (tout sarcasme serait mal vu mais bien naturel) et particulièrement bien membré. Pour ce dernier point, disons que c'est la grosse cerise sur le gâteau car même si la taille ne compte pas ... bah en fait, si, elle compte tout de même.
Donc lui, je l'avais dégusté tant que c'était possible, puis après ce rendez-vous incendiaire (vous pouvez applaudir, je ne vous en tiendrai pas rigueur), la vie a repris son cours et je n'ai pratiquement plus eu de nouvelles de ce petit groupe.

Mais il y a quelques semaines, ce beau pompier-qui-m'a-fait-craquer m'a recontactée et là, j'ai sauté de joie (façon de parler, je ne suis plus une adolescente). Nous entretenons donc une correspondance par SMS depuis plusieurs semaines, à base de pop pop pop de phrases qui veulent tout dire et nous avons ENFIN trouvé une fenêtre de tir (en très grande forme aujourd'hui la Charlie) pour ce soir.

Enfin, ça, c'est sans compter sur l'une des trois seules lois du monde libertin, à savoir "Tant que rien n'est fait, rien n'est fait" (la deuxième étant "Tout est possible, rien n'est obligatoire", et la dernière "Condom is my friend").

Monsieur le pompier devrait donc venir me rendre une petite visite aujourd'hui à mon domicile. Et croyez-moi, si tout se passe bien, si Monsieur le pompier ne me plante pas au dernier moment, si je n'ai pas une mycose ou une cystite qui point le bout de son nez, s'il ne nous arrive aucun accident ni à l'un ni à l'autre, s'il en a toujours envie .... ce soir, vu l'état de ma libido et le manque de sexe récent (libertine ne veut pas dire coucherie quotidienne), JE VAIS L'ACHEVER.