Charlie Vormelle

Une trentenaire qui vient de se faire larguer, qui cherche un nouvel équilibre, qui pleure et qui rit, qui travaille, qui a des amants, qui aime, qui rêve, qui vit ...

16.07.11

Hard reboot

Il en a fallu des mois pour vérifier si le précédent article de ce blog allait se confirmer ou non. Et bien la réponse est : non. Jonathan a re-re-re-re-re-fait volte-face et m’a quittée en bonne et due forme.

Juste après ma sortie de clinique, il est revenu vers moi, sincèrement décidé à s’investir avec le temps dans notre relation, et à l’assumer. Chatte échaudée craint l’eau froide, donc j’y suis allée mollo, préférant voir ce que notre relation allait donner au fil des semaines et des mois.
Il n’a pas fallu longtemps pour que je m’aperçoive qu’il était toujours envahi par le doute et la trouille d’aimer. Dès la semaine suivant mon retour de clinique, il recevait ses parents pendant quelques jours. Et pendant ces quelques jours, j’ai eu droit à un seul laconique « Je me couche, suis crevé. Bisous » par SMS. Il a fallu que je trouve les ressources nécessaires pour ne pas re-sombrer, ne pas me sentir seule et abandonnée. Il a fallu que j’avale le fait qu’il passait du on temps avec sa famille – des gens que j’aime – pendant que je restais seule après notre fusion post-clinique.
Une fois ses parents partis, il est revenu vers moi, comme à l’accoutumé. Ne voulant pas re-tomber dans mes travers de dépendante affective, je l’ai jouée compréhensive et zen, mais avec un arrière-goût amer.

Les semaines se sont écoulées. On se voyait une ou deux fois par semaine, on était bien ensemble, mais on faisait toujours en sorte de ne croiser personne de nos connaissances. On ne parlait pas de l’un et de l’autre à nos proches, on jouait de nouveau le couple clandestin, situation qui avait duré plus d’un an.

Après 3 mois, j’ai considéré que c’était assez, que je ne voulais pas recommencer comme avant, et surtout, j’en avais marre de mentir aux gens qui m’aiment et surtout aux personnes les plus proches qui ont été les seules à savoir pour ma dépression et à me soutenir jusqu’au bout. A elles aussi je disais que je n’avais pas de nouvelles de Jonathan alors que je venais de passer le week-end avec lui.
Sentant que les choses bouillaient en moi, Jonathan a commencé à se défiler de plus en plus. Dès que la conversation tournait autour de l’officialisation de notre relation, ça partait en cacahuète.

Il y a quelques semaines, j’ai commencé à ressentir de la colère contre lui, et cette colère s’est transformée petit à petit en dégoût. Ce type ne me méritait pas, ce type m’a vraiment bousillée, cassée. Il ne m’a pas respectée, il m’a humiliée. Evidemment, ça n’était pas volontaire, et je sais qu’il a toujours été sincère, aussi bien dans ses sentiments que dans ses doutes. Mais je n’ai pas voulu perdre mon objectif premier : me centrer sur moi, me reconstruire, vivre pour moi.

Je suis certaine d’une chose : si je n’avais pas suivi une thérapie, je n’aurais pas été capable de faire ce cheminement. Depuis plusieurs mois, j’ai trouvé une thérapeute que je vois toutes les semaines et ça se passe très bien. J’ai eu la chance de tomber directement sur quelqu’un qui m’apporte beaucoup, qui me rassure et qui m’aide à me comprendre et à décortiquer mes fonctionnements. Sans jugement, sans domination, sans morale, elle m’a aidée à ouvrir des portes et à retrouver un chemin digne de moi.

Je n’ai pas coupé les ponts avec lui, je l’ai même revu et j’ai même laissé mon fils passer un après-midi avec lui, et je me sens assez forte. Je n’ai plus envie de le voir seul à seul, je n’ai plus envie de le séduire, je n’ai plus envie de l’aimer, et je crois que mon cœur ne l’aime plus.

Rien ne changera dans notre histoire, aussi bien les choses extraordinaires que les douleurs profondes, et je ne peux m’empêcher d’être émue et même de pleurer en pensant à ce gâchis. Mais c’est bel et bien terminé.

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01.04.11

Une page blanche à écrire

 

Le psychiatre que j'avais trouvé s'est révélé être un véritable danger. Les deux premiers rendez-vous se sont bien déroulés, je me sentais enfin prise en charge et écoutée.
Au troisième entretien, il semblait absent, ne prenait pas de note, me laissait parler sans s'intéresser réellement, répondait à ses SMS. Quant au dernier rendez-vous, il a tout simplement été catastrophique puisqu'on s'est engueulé. Il voulait que je lui donne le détail de mes projets. Or, quand on se sent pire qu'une merde et qu'on a envie de se pendre au balcon, les projets, c'est surtout d'acheter une corde et d'écrire des lettres d'adieu à ses proches.

En plus de ça, ce connard-de-psy savait que j'avais des envies suicidaires et que je restais seule à rien faire la plupart du temps. Un tel cocktail ne l'a aucunement incité à me prescrire de médicament. Attention, je ne parle pas de toute une tripotée de médocs en tout genre, mais au moins un antidépresseur léger car ça met plus de 15 jours à faire effet. Non, que dalle ! Au bout de 4 séances, je trouve ça inquiétant.

Quand j'ai réalisé que je me mettais à pleurer en pleine rue, qu'il fallait que je me motive pour faire chaque pas supplémentaire ("Aller, encore un pas pour arriver au trottoir. Encore un pour traverser la rue …"), à trouver des raisons de ne pas me foutre en l'air ("Non, pas maintenant, tu dois aller faire des courses cet après-midi", "Pas tout de suite, ton fils va t'attendre à la sortie de l'école" …) et que je me suis retrouvée une fois allongée en pleurs par terre dans mon entrée, je me suis dit que soit je faisais quelque chose, soit j'allais vraiment y passer.

J'avais parlé à ce connard-de-psy de mon souhait de me faire hospitaliser dans un service dédié, où je serais prise en charge au quotidien, entourée, protégée et suivie, ce à quoi il m'a répondu "Vous serez enfermée avec des schizophrènes et bourrée de cachets". Merci pour le soutien.
Heureusement que j'ai insisté et j'ai pu bénéficier d'une place dans une clinique psychiatrique près de chez moi dans les 3 jours.

J'avais évidemment la trouille d'y aller, ne sachant pas où j'allais tomber et de quelle façon j'allais être prise en charge, mais c'était ça ou la mort, tout simplement.

J'ai appelé Jonathan à l'aide. Il est resté avec moi pendant 2 jours, le temps que je me fasse hospitaliser. Je l'avais simplement supplié de ne pas être ambigu, car c'était bien l'ambiguïté qu'il avait entretenue pendant un an qui m'avait plongée dans cette dépression. Il a fait très attention à ses paroles et à ses gestes et je me suis sentie moins seule l'espace d'un week-end.
Le lundi qui a suivi, j'ai pris ma petite voiture pour me rendre dans la clinique où je suis restée 8 jours.

Coupée du monde, refusant les visites mais en donnant quelques nouvelles aux rares personnes au courant de ma situation, j'ai bénéficié d'attention et d'un traitement adapté. J'ai pris tout le temps qu'il fallait pour me centrer sur moi, prendre du recul, me sentir épaulée, réfléchir à ma vie et à tout ce qui me faisais souffrir, réfléchir à cette rupture et à ses raisons, accepter la fin de cet amour, accepter d'être malade dépressive et affectivement dépendante d'un homme qui ne voulait plus de moi.

J'ai tenu jusqu'à une nuit, où, réveillée à 2h30 du matin, j'ai pleuré en pensant à Jonathan et à cet amour perdu. J'ai essayé de me rendormir, j'ai lu, j'ai regardé la télé, mais rien n'y faisait, je ne pensais qu'à lui. Au bout de 2 heures, je l'ai appelé, m'attendant à tomber sur sa messagerie.
Il a répondu au bout de 3 sonneries. J'étais en larmes, il était soulagé de m'entendre et d'avoir des nouvelles en direct et on a parlé pendant 1h30. Il était attentif et je sentais que si nous avions été côte à côté, il m'aurait prise dans ses bras. Encore de l'ambiguïté, mais quelque part, ça me faisait plaisir de ne pas lui être indifférente. Il m'a dit qu'il voulait être présent pour ma sortie 2 jours plus tard, ce que j'ai accepté.

Mardi matin, j'ai préparé mes affaires. J'ai fini mes valises, ai dit au revoir aux autres patients de l'unité et ai retrouvé Jonathan à l'accueil de la clinique. Il était là, avec sa barbe, ses beaux yeux bleus, son pull qui lui allait si bien. On s'est fait la bise pour se dire bonjour puis nous avons rejoint ma voiture. Je le sentais soulagé de me voir et de connaître l'endroit où j'avais été prise en charge. J'étais gênée et heureuse de le voir, luttant pour ne pas lui prendre la main et ne pas me jeter dans ses bras, et je me sentais soutenue, accompagnée. Je sentais sa bienveillance et sa chaleur.

Nous sommes arrivés chez moi et avons commencé à parler de tout ça, de mon séjour, du travail gigantesque et nécessaire qui m'attendait, des soins et de tas d'autres choses. Il savait que j'avais envie d'être dans ses bras car je le lui avais déjà 2 jours plus tôt, et il me les a ouverts avec bonheur.
Que c'était bon d'être sur lui, sur son torse, de sentir toute sa chaleur m'entourer et me réchauffer, d'avoir son odeur envahir mes narines, de le sentir tout disposé à me faire du bien et à s'occuper de moi.
Le canapé fut vite inconfortable et nous sommes allés sur mon lit. Nous n'étions dupes ni l'un ni l'autre, car ce changement nous menait tout droit vers une intimité.

Mais ce que j'ai vécu là est encore difficile à croire pour moi aujourd'hui. Je ne pense pas réaliser.
"J'ai envie de t'aimer encore. Je me suis trompé dans les mots, je t'aime très fort, je t'aime du plus profond de mon cœur. Je me suis laissé aveugler par la peur, j'ai rejeté mes sentiments et mon attachement. Je ne veux plus te faire de mal, je ne veux plus te voir pleurer. Je te veux à mes côtés, je veux assumer notre relation. Tu es précieuse. Je passe mon temps à penser à toi. Quand je fais quelque chose, je n'ai pas le même plaisir car je ne peux pas le partager avec toi. J'ai regardé des photos de toi, on a vécu tellement de bons moments. Je veux que tu me refasses confiance, je veux que tu m'appartiennes de nouveau …"
J'ai entendu ce que j'espérais depuis si longtemps.

Aujourd'hui, nous attendons encore avant d'officialiser notre relation car nous avons décidé de prendre notre temps, d'y aller en douceur, et surtout, j'ai changé et ma vie ne sera plus la même. Un grand bouleversement s'amorce, et même si je suis heureuse d'avoir de nouveau Jonathan dans ma vie, je reste prudente et attends simplement de me reconstruire.

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04.03.11

Point 0

 

Ca y est, je suis prise en charge par un psychiatre. Il a fallu que je passe une bonne dizaine de coups de fils pour trouver un professionnel par trop loin de chez moi, et qui accepte de nouveaux patients.

Jonathan m'a détruite. Ca n'était pas volontaire, mais les résultats sont là. Il n'a pas pris ses responsabilités, il a voulu tout avoir en même temps, et moi j'étais trop faible, trop amoureuse pour lui dire non.

J'ai accepté, encore espéré malgré les bonnes résolutions, j'ai encore patienté, j'ai encore donné et lui ne voulait pas que j'arrête. Il m'aimait mais n'était pas amoureux, il me voulait toute entière sans aucun engagement, il ne voulait pas officialiser notre relation mais avait constamment besoin de me prendre dans ses bras et de me voir.

Plus les semaines passaient et plus je me sentais faible et malheureuse. J'ai toujours été incapable de lui résister. Mon amant, mon meilleure ami, mon confident, mon amoureux … je n'ai jamais donné autant. Je me suis vidée de tout, je me suis auto-humiliée, je me suis auto-bafouée, jusqu'à ce qu'à avoir envie de m'auto-détruire.

Quand je me suis aperçue que j'avais envie qu'un camion me percute, quand j'ai réalisé les heures durant lesquelles je pleurais en pensant à lui, quand j'ai vu l'état d'angoisse et d'anxiété dans lequel j'étais juste après l'avoir vu, quand je me retrouvais seule sans savoir si j'allais le revoir, là, j'ai compris qu'il fallait que je fasse quelque chose.

C'est devenu une question de vie ou de mort, au sens propre.

Cette rupture amoureuse m'a fait terriblement souffrir, et me fait encore souffrir, mais elle a aussi réveillé des douleurs et les traumatismes de ma vie. Aujourd'hui, je me sens à vif, comme si j'étais nue, les tripes et les chairs à l'air, la peau épluchée. Je n'ai plus de bases, je n'ai plus rien qui me stabilise.

Je me sens nulle, inutile, sans intérêt. Je vis pour mon fils et j'ai envie de retrouver l'envie de vivre pour moi.

Il va ma falloir du temps, beaucoup, beaucoup, beaucoup, pour réussir à oublier Jonathan, pour ne plus l'aimer, ne plus ressentir ni amour, ni colère, ni tendresse. Il va me falloir du temps aussi pour ne plus ressentir l'espoir qu'il va m'appeler pour me dire qu'il s'est trompé et qu'il me veut dans sa vie. Et encore du temps en plus pour ne plus avoir envie du tout de le voir, et ne plus espérer une rencontre fortuite.

Et toujours du temps pour me pardonner, trouver un sens à mon existence et déculpabiliser d'être sur Terre.

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28.02.11

La fin

Une route de nuit, les phares qui éblouissent,

Envie que ça crisse, que ça glisse.

Un gros boum pour m'accompagner là

D'où jamais personne ne reviendra.

 

Stop ! Stop ! Stop ! Clap de fin.

On arrête tout, on remballe, on éteint.

Envie que les choses s'arrêtent maintenant.

Je n'ai plus la force de faire semblant.

 

Ni amour, ni culpabilité, ni peur, ni peine.

Envie d'assécher mon corps, de vider mes veines.

Quelle douceur que de ne plus faillir.

Quel soulagement de ne plus ressentir.

 

Plus de mal, de pleurs ou de violence,

Juste la quiétude du silence.

Peu importe les bruits et les sirènes,

Je suis déjà loin, enfin sereine.

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27.02.11

Vivement demain, ça ira mieux

Quand je regarde ce que je suis en train de me préparer à manger, quand je sais que je vais en ingurgiter quelques bouchées, je me demande dans quel état ça sera dans mon estomac, pendant l'autopsie.

J'imagine ce que le médecin légiste dira à mes parents et à mes proches : "Elle s'était plutôt bien alimentée, elle a mangé du porridge et une compote de pommes."

Comme ça, tout le monde saura quel fut mon dernier repas. On pourra voir éventuellement les carrés de chocolat à peine mâchouillés, avec quelle sauce j'avais agrémenté mes légumes ou si j'avais bu de l'alcool.

 

Et puis après, ça sera au tour des amis de savoir, un à un, aux autres membres de la famille, aux voisins, et à Lui. Ca sera sûrement ma sœur qui l'appellera. Elle lui dira ce qu'il en est et son monde s'écroulera.

Ils devront se rendre chez moi, se retrouver dans mon univers de désolation, faire le tri dans mes libres, mes CD, mes habits, mes papiers. Y'aura mon ex-mari bien-sûr. Ils trouveront les dessous sexy que je me suis achetés au fil des années, ceux que j'ai accumulés dans l'espoir d'avoir plaisir à les porter. En réalité, je ne les ai portés que pour faire plaisir aux autres.

Ils auront accès à mon ordinateur et à tout ce qu'il contient, c'est-à-dire ma vie : mes CV, mes emails, mes écrits, les mots tapés dans les moteurs de recherche, mes pires vices, mes pires actes, les bas-fonds de mon âme. Ils sauront qui j'étais vraiment et ils en seront dégoutés, en tout cas surpris. Ils se diront "Je n'aurais jamais imaginé". Ca va les bouleverser d'apprendre qui j'étais pour de vrai.

 

Ils verront le ménage pas fait, la poussière partout et les fringues pas rangées. Ils retrouveront mes photos d'enfance, les agendas que j'ai tenus durant des années, mes essais pathétiques d'arts plastiques, l'inutilité de mon existence.

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07.11.10

Laisse-moi !

C'est toi qui m'a rejetée, c'est toi qui n'a plus voulu de moi, qui a voulu tout arrêter pour vivre autre chose, qui a tourné la page, qui a décidé que moi, mon fils, ma famille, ma vie, mes sentiments, mon amour n'étaient plus dignes de toi, juste dignes du néant. C'est toi qui a décidé qu'il fallait qu'on se désaime tout entier.

Quand tu m'as quittée, je n'ai pas réalisé tout ce que ça impliquait et c'est encore le cas aujourd'hui. Mais j'ai par contre bien compris que ça voulait dire mettre de côté les sentiments que je ressentais pour toi, ainsi que ceux pour tes amis, tes parents, ton frère, ton enfance dans cette maison au bord de la route, tes heures de jeux avec ton petit frère dans le jardin, les réveils matinaux pour prendre le car scolaire, tes vidéos faites avec tes cousins, les photos de tes séjours à la montagne, tes journées de travail au parc d'attraction, les marches de la maison à Londres où tu as vécu, le Fish'n chips où tu avais tes habitudes, tes souvenirs de concerts … J'ai aimé toutes ces choses de toi que je n'ai pas vécues, mais que tu m'as racontées avec tant de passion que je me les ai suis appropriées.

Je me suis appropriée ta vie entière, tes souvenirs, ta personnalité, ton corps, tes projets, tes passions, ta nostalgie, tes peines, ta façon de bouger, ta manière de vivre, tes questionnements, tes fragilités, tes peurs. J'ai tout aimé de toi, et en me quittant, il a fallu que j'apprenne à me défaire de tout ça, à m'en détacher, à faire comme si ça ne me touchait plus. Et ce processus est loin d'être fini.

Alors je suis en colère contre toi, parce que tu n'as pas le droit de revenir vers moi, même si c'est pour l'anniversaire de mon fils. Tu n'as pas le droit de remuer toute cette souffrance, tu n'as pas le droit de faire palpiter mon cœur parce que ton nom apparaît dans ma liste de messages non lus.

Mon fils, mon petit Charlot, tu l'as aimé, tu t'es attaché à lui, tu as aimé ces heures passées à jouer au foot avec lui, à lire des BD de Tintin, à jouer aux Légos, à lui faire découvrir les films de Chaplin, et lui aussi il t'a aimé, il a aimé tout ça, et s'est attaché à toi.

En me quittant, tu savais que le seul moyen de ne plus retomber dans les bras l'un de l'autre comme nous l'avons fait pendant ces dizaines de tentatives de rupture, c'était de couper complètement les ponts, c'était s'éloigner à jamais, ne plus se revoir, ne plus se parler, ne plus avoir aucun contact. Tu savais que ça voulait dire ne plus revoir mon fils, l'effacer de ta vie, et que tu sois effacé de la sienne.

Alors quand tu me dis que tu lui as écrit une carte, même si je sais que ça vient du fond du cœur, je trouve ça véritablement inapproprié et même déplacé. Je sais que tu penseras à lui pour son anniversaire, mais tu dois savoir t'effacer totalement et nous laisser avancer sans toi. Sa vision de la vie, sa vision des ruptures amoureuses, sa vision de toi et de ton absence, c'est à moi de le gérer sur le long terme. Toi, tu as juste à assumer ta décision, à la respecter et à respecter ceux que tu as impliqués dans ce choix.

Je suis en colère et à la fois, quand j'ai vu ton email apparaître, je ne l'ai pas supprimé, je l'ai classé dans ton dossier "Him". "Lui", celui que je n'ai jamais pu vraiment nommer parce que tu as été un plan cul, puis mon petit ami caché, puis mon petit ami mais qui pouvait me quitter à n'importe quel moment, puis mon ex.

Je lis et relis le moindre de tes mots, te connaissant assez pour savoir que tu les as tous soigneusement choisis pour qu'ils soient sincères mais pas trop chaleureux. Tu as écrit et ré-écrit ce message pour éviter tout malentendu. Ton "Bonjour Charlie", si glacial … ton "J'espère que tu vas bien" pour paraître pas trop froid mais sans montrer à quel point tu voudrais en savoir plus sur ma vie actuelle.

Je te connais si bien. Il suffirait d'un regard pour qu'on se rapproche. Il suffirait d'un effleurement pour qu'on s'étreigne. Il suffirait d'une étreinte pour qu'on fasse l'amour. Ce schéma, on le connaît par cœur, et nous n'avons jamais pu y résister.

Et moi ce soir, je suis partagée entre ma colère et mon envie de me recroqueviller dans tes bras. Je sais qu'il suffirait que je sois en face de toi pour que ça se produise …

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04.11.10

Peur de l'amour ?

Je ne sais pas draguer, et pire encore : je ne sais pas me faire draguer.

La période de rupture amoureuse permet de prendre du recul sur nos dysfonctionnements, sur la manière dont on gère nos relations avec le sexe aimé (et non "opposé" puisqu'heureusement, l'homosexualité est de plus en plus acceptée), de mieux cerner nos réactions vis-à-vis des comportements extérieurs.
D'ailleurs, la cynique qui est en moi a envie de dire "Merci la rupture amoureuse. Grâce à toi, je prends du recul. Trop d'la boulette".

Ainsi, que ce soit dans le cadre de relations amicales ou professionnelles, je me sens très à l'aise avec les hommes.
Je gère très bien mes relations amicales avec eux. Ce sont des potes, des amis, on s'amuse, on papote, on est plus ou moins proches, et même s'il y a toujours un peu de séduction au sens large (comme dans toute relation humaine), mes amis me vont et c'est très bien ainsi.

Dans le milieu professionnel, j'ai une nette préférence pour les environnements masculins. Pourquoi ? Toujours pour cette même question de séduction. Je suis une femme libre, qui dégage une certaine assurance, qui prend soin d'elle un minimum, sympa et qui aime plaisanter. En fait, je joue sur un pied d'égalité avec les hommes au travail, car j'arrive à rire de leurs blagues douteuses, à détendre l'atmosphère, à parler aussi bien chaleureusement que professionnellement. D'ailleurs, c'est aussi valable dans les environnements féminins, mais bien entendu, les femmes sont moins charmées que les hommes. Il faut savoir rester réaliste.
Que ce soit clair : je ne le fais pas exprès. Je ne me dis pas "Hum, aujourd'hui, je vais mettre une jupe pour mettre mon boss dans ma poche". Je fais partie de la société, d'une entreprise, d'une hiérarchie et d'un micro-environnement, et comme pour tout chaque être humain, il faut savoir s'adapter et jongler avec les différentes personnalités qui nous entourent.
Une équipe d'hommes ne réagit pas de la même façon qu'une équipe de femmes, et en tant que femme, je n'agis pas de la même façon dans un cas comme dans l'autre.

Je me considère issue d'un féminisme moderne, où l'idée est que les hommes et les femmes sont différents ET égaux. Nous ne sommes pas fait pareils, ni physiquement ni dans la tête, et nous n'évoluons pas de la même façon, avec les mêmes outils. Dans le monde professionnel, c'est pareil. Je n'utilise pas mes charmes pour me faire bien voir des hommes, mais je les utilise pour me faire bien voir des hommes ET des femmes, sauf que ça n'agit pas de la même manière et que je n'appuie pas sur les mêmes leviers.

Bon … je vais revenir au sujet initial de cet article. Tout ça pour dire qu'en dehors de relations amoureuses, je suis très à l'aise avec les hommes.
C'est ensuite que ça se gâte.

Melvil, je l'ai connu au travail, quand j'avais 19 ans. J'étais jeune et Internet n'avait pas encore révolutionné les rencontres sexuello-amoureuses. J'étais en pleine période de célibat, qui durait depuis 9 mois (le temps d'une gestation vous me direz). Je n'avais eu ni flirt, ni aventure, mais tout de même des coups de cœur platoniques pour des hommes croisés ici et là. Je n'étais pas du tout la femme capable d'enchaîner les amants comme je peux le faire à présent, et j'avais surtout envie d'une histoire sérieuse et stable.
Du coup, les hommes qui me plaisaient lisaient en moi le message "Femme sérieuse et stable cherche homme sérieux et stable", donc je les faisais fuir, CQFD. Et pour ceux qui m'approchaient en me proposant clairement une aventure, je déclinais discrètement, très intimidée par de telles propositions. Non que je n'en avais pas envie, mais je ne m'en sentais pas capable.

Jonathan, comme je vous l'ai déjà dit, je l'ai rencontré sur un tchat de cul. Je sortais de cette relation longue et stable qu'était mon mariage, et j'avais surtout envie de papillonner et de m'amuser, ce que je n'avais pu faire jusque là. Jonathan était donc initialement un plan cul, comme les autres, et je n'avais donc aucune honte à afficher clairement mes envies sexuelles et à n'envisager que cela avec lui (mais le cœur a ses raisons que la raison ignore …).
C'est d'ailleurs ce que je fais toujours aujourd'hui : je suis inscrite sur des sites de rencontres libertines, j'affiche le menu, on le prend ou ne le prend pas (la plupart du temps, ces messieurs ont faim, alors ils prennent), les règles sont dites et acceptées dès le départ : du one-shot, pas de relation sérieuse, pas d'exclusivité, aucune promesse et on s'amuse comme on en a envie.

Ça, c'est la face cachée de Charlie, celle que très peu de gens connaissent.

Et puis il y a la face officielle, celle de la copine, de la collègue, de la mère de famille et quand un homme issu de ces apparences officielles de ma vie se rapproche de moi pour me signifier son intérêt, je panique totalement. Je suis d'un naturel accessible et entraînant, sympa et rigolote, pas du tout timide sans être expansive, donc les hommes me trouvent cool et pas chiante (les pauvres, s'ils savaient …), et commencent à fantasmer sur moi pour d'autres aspects que ma cambrure ou mes nibards. Ça, ça me fout la chtouille et je n'arrive pas à saisir pourquoi.

Est-ce parce que le net me permet d'avoir les amants (donc des hommes) que je veux dans les conditions que je veux ? Est-ce parce que j'ai la sensation de tout maîtriser dans ce cas ? Est-ce parce que le sexe me permet de garder les apparences sans me donner véritablement ? Est-ce parce que les hommes me font peur ? Est-ce parce que j'ai peur d'aimer ? Est-ce parce que j'ai la trouille de me faire jeter et d'être abandonnée ?

Il est évident qu'en ce moment, je n'ai aucunement l'envie d'avoir une relation amoureuse car mon cœur est ravagé. Mais il viendra bien un jour où celui-ci sera guéri, où les aventures s'espaceront, où j'aurai besoin d'autre chose, où je pourrai regarder l'avenir sans crainte parce que je serai plus sereine. Mais ce jour-là, serai-je capable d'ouvrir mon cœur à un homme ?

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03.11.10

Le serpent se mord la queue

Autant la semaine dernière, j'ai travaillé comme un forçat, autant cette semaine, je suis aussi productive qu'un bulbe d'oignon. J'ai une mission super importante qui doit être bouclée d'ici le 31 décembre, et je ne suis aucunement motivée.

J'ai confiance. Je sais que ça reviendra tôt ou tard (et puis surtout avec le contrat prestataire qui se termine dans moins de 2 mois, j'ai pas franchement le choix), mais en attendant, je dois trouver des occupations sans pour autant passer ma vie sur le net. Je fais le tour de mes blogs et sites préférés, je lis mes mails, j'organise ma vie extra-professionnelle mais finalement, ça n'occupe pas toute la journée.

Parfois, il m'arrive d'aller chercher un Bounty ou un Snickers dans la machine-à-calories de la salle de pause, mais bon voilà quoi, ça occupe que 5 minutes.
Pareil pour le passage au petit coin. Quand je suis super concentrée sur un dossier et que j'ai pas envie de le lâcher tant qu'il n'est pas achevé, je cours aux toilettes quand l'envie devient trop insistante et j'arrive à me défroquer, à faire pipi et à me laver les mains quasiment en même temps (2nd degré).

Ca n'est pas la première fois que je me retrouve confrontée à ce problème : que faire de mes journées au bureau quand je n'ai pas envie de travailler ? La seule réponse que je trouve, c'est "travailler".

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02.11.10

Il ne me quitte pas

Je me sens un peu comme un zombie, comme si je faisais les choses sans vraiment les désirer. Je bouge, je parle, je regarde les choses et les êtres autour de moi, je mange, je dors, je m'habille, je me maquille, je conduis, je ris, je fais des projets, je regarde mon fils grandir, je plaisante, je regarde la télé, je lis ou j'écoute la radio, je danse, je baise, je séduis, je fais des courses, je glande, je fais toutes ces choses du quotidien, je fais tout ce que les gens font, mais pas un seul instant, pas une seule seconde, je ne pense pas à lui.

Quand je me couche le soir, que je suis épuisée par ma journée de boulot, je pense à lui. Allongée dans le noir, j'imagine comme je serais bien près de lui, allongée près de son corps chaud, à portée de ses bras et de sa tendresse. Je m'imagine me tourner vers lui, regardant ses yeux bleus à moitié caché par la couette. Je l'imagine me parler, me dire des mots doux, m'ordonner de me coller à lui, me réclamer un câlin ou des bisous, comme il l'a fait pendant plus de trois ans.

Je m'imagine me tortiller comme un serpent pour me jeter dans le creux de son cou, pour sentir sa barbe piquante sur mes paupières. Je m'imagine me coller si fort contre lui que mon corps le recouvre à moitié.

C'est comme ça que nous aimions nous endormir. Il me serrait fort, me berçait en posant quelques baisers sur mon front et je m'endormais comme un bébé. Dans ses bras, de cette manière, j'étais au paradis et je sais que lui aussi. Il attendait toujours que je sois endormie pour s'endormir à son tour, comme pour être sûr que, ça y est, la nuit pouvait commencer.

Je collais mes seins contre son torse, je repliais une jambe sur le haut de ses cuisses Nous nous mélangions. Il gardait cette position uniquement pour que je puisse m'endormir parce qu'il avait besoin, au bout d'un moment, de se tourner pour trouver le sommeil. Quand j'avais eu ma dose de lui, alors nous nous retournions dos à dos pour la nuit pour nous retrouver au petit matin.

C'est ce que j'imagine chaque soir dans mon grand lit froid. Je n'arrive d'ailleurs pas à utiliser tout l'espace, parce que je m'y sens perdue. Je dors toujours du côté droit et je laisse la place à gauche, comme s'il allait venir me rejoindre. C'est sa place à lui.

Après de longues minutes à le croire près de moi, je me mets à pleurer car je me rends compte que le lit reste vide, mais que surtout, Jonathan ne viendra pas. Alors je l'imagine chez lui, son grand corps fin en pyjama ou en caleçon déambulant dans la cuisine ou devant la télé, ou ouvrant sa couette pour se glisser à son tour dans son lit. Me vient alors une imagine atroce qui fait redoubler mes larmes : celle où une femme y est déjà allongée, attendant qu'il la caresse et qu'il s'étende à ses côtés. Elle lui sourit, lui lance un regard plein de désir, et lui, déjà en érection, pose ses mains sur sa poitrine.

Quand j'arrive à ces visions d'horreur, mes glandes lacrymales sont quasiment à sec. Je suis épuisée d'avoir trop pleuré et je m'endors.

Quand le réveil sonne, non seulement je n'ai pas assez dormi, mais ma première sensation, c'est celle de la douleur. Et ma première pensée, elle est pour lui. A l'heure où je me lève le matin, il est rare qu'il soit réveillé. Alors j'imagine son appartement encore plongé dans le noir, son corps brûlant et immobile dans son lit.

Je me précipite dans les toilettes, la salle de bains, la cuisine : pipi, douche, thé, puis rapidement habillée, je prends ma voiture pour aller au bureau. Je mets systématiquement la radio pour m'éviter de trop penser à lui. C'est incroyable comme des guerres, des attentats et des grèves à la SNCF peuvent aider les gens en plein chagrin amoureux.

Mais mon cœur n'est pas dupe. J'ai beau l'avoir réveillé trop tôt, lui avoir imposé les violences du matin, une fois remis, réinstallé dans mes habitudes, il se réveille en sursaut et déclenche des crises de larmes à 90 kilomètres heure.

Ma conscience professionnelle l'encourage d'ailleurs, lui rappelant que ce sont des choses qui ne se font pas en plein milieu d'une réunion ou devant un supérieur hiérarchique. J'ai donc une heure top chrono le matin pour pouvoir pleurer derrière mon volant.

Une fois la voiture garée sur le parking de l'entreprise et le badge passé devant le déclencheur d'ouverture de porte, mon cœur est anesthésié pendant près de huit heures. Mais souvent, il se réveille et me fait fondre en larmes. Cachée par mon écran, j'arrive toujours à fermer les vannes pour éviter d'avoir les paupières trop gonflées et afficher très clairement que cette grande bringue que je suis, dynamique et de bonne humeur, vient de pleurer. Ouf ! L'honneur est sauf.

Voilà comment à chaque seconde où je respire, à chaque mouvement que je fais, à chaque sourire que j'affiche, je pense à lui.

Posté par charlievormelle à 08:15 - ... de la douleur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01.11.10

Ménagère de moins de 50 ans

Je faisais des courses ce midi quand je me suis rendue compte à quel point ce que j'avais dans mon panier était pathétique. Ces achats n'ont pour but que de me faire tenir quelques jours, et je les ai agrémentés de quelques extras qui me serviront sur le plus long terme.

Analysons ensemble :
- 1 sachet de gnocchis au fromage à poêler : vite fait et ça me donne la sensation de cuisiner un peu
- 1 tablette de chocolat au lait aux amandes : va être engloutie en quelques heures, parce que j'ai besoin de me réfugier dans le chocolat quand ça ne va pas (c'est à dire très souvent en ce moment), et d'ajouter un peu de cellulite à mon fessier
- 2 plats préparés peu caloriques : parce que, faut pas déconner, cuisiner, ça va 5 minutes, et puis ça me donne l'impression de compenser le gras de la tablette de chocolat
- 1 tube d'anticerne : je vieillis et quand je me maquille, faut VRAIMENT que je me maquille vous voyez ...
- 1 tube de mascara noir : mon actuel commence à faire la gueule et même si je ne me maquille pas tous les jours, ça fait tout de même partie des musts féminins
- 3 sachets de fruits (pommes, clémentine et raisin blanc) : blablabla 5 fruits blablabla par jour blablabla ...
- 1 paquet de Cracottes : pour le semblant de régime que je fais
- 1 packs de Coca Zéro : voir point précédent
- 1 dessert aux fraises à la crème fouettée : merci de ne pas tenir compte des deux points précédents
- 3 bouquins ("Le dernier ami" de Tahar Ben Jelloun, "Le coeur a deux places" de Françoise Dorin et "Rien de grave" de Justine Lévy) : à défaut de passer des heures à frotter son visage à la barbe naissante de son chéri, la célibataire se cultive

Voilà de quoi passer une super semaine. Ouuhouuuu ! C'est la fête !!!

Posté par charlievormelle à 17:26 - ... du célibat - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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